À l’approche du scrutin, plusieurs enjeux ont occupé la campagne électorale : accès aux services, transformation numérique, pénurie de main-d’œuvre, vieillissement de la population, pression sur les services publics.
Face à plusieurs de ces défis, les membres des ordres professionnels font partie de la solution.
Au Québec, plus de 446 000 personnes exercent l’une des 55 professions encadrées par un ordre professionnel. Elles sont présentes en santé et relations humaines, bien sûr, mais aussi en éducation, en justice, en environnement, en administration, en sciences, en génie et dans de nombreux autres secteurs essentiels à notre société.
Chaque jour, elles mettent leurs compétences, leur jugement et leur expertise au service de la population.
Le Québec dispose donc d’une force considérable. Encore faut-il lui permettre de contribuer pleinement.
Moderniser avec une vision d’ensemble
Le système professionnel québécois a plus de 50 ans. Il a évolué au fil du temps et des avancées importantes ont été réalisées au cours des dernières années.
Mais les transformations de notre société s’accélèrent. Les technologies évoluent, les pratiques changent, les besoins de la population aussi.
Nous ne pouvons plus nous contenter de moderniser le système une pièce à la fois, au gré des urgences.
Le prochain gouvernement doit se doter d’une vision globale de la modernisation du système professionnel, accompagnée d’objectifs clairs et d’un échéancier. Il faut revoir les lois et les champs d’exercice lorsque nécessaire, favoriser une meilleure utilisation des compétences des professionnelles et professionnels, faciliter la collaboration entre les professions et rendre les processus législatifs et réglementaires plus agiles.
La protection du public est l’affaire de tout le gouvernement
Le système professionnel ne doit pas concerner uniquement le ministre responsable de l’application des lois professionnelles.
Les décisions prises en santé et relations humaines, en immigration, en emploi, en environnement, en justice ou encore en transformation numérique peuvent toutes avoir une incidence sur les pratiques professionnelles et, ultimement, sur la protection du public.
Cette réalité doit être prise en compte dès la conception des politiques publiques.
Nous souhaitons donc que le prochain gouvernement fasse de la modernisation du système professionnel et de la protection du public une responsabilité partagée à travers l’appareil gouvernemental.
Cela suppose également de consulter les ordres professionnels et le Conseil interprofessionnel du Québec en amont des décisions. Les ordres connaissent les réalités de pratique, les compétences de leurs membres et les risques auxquels la population peut être exposée. Cette expertise doit pouvoir contribuer à la recherche de solutions dès le départ.
Utiliser pleinement l’expertise que nous avons déjà
Enfin, le Québec doit mieux reconnaître la valeur de l’expertise professionnelle.
Lorsqu’une personne est membre d’un ordre professionnel, elle ne possède pas seulement une expertise particulière. Sa compétence est encadrée. Elle est soumise à des obligations éthiques et déontologiques. Elle est responsable de ses actes professionnels et sa pratique fait l’objet de mécanismes de surveillance.
Cet encadrement existe pour une raison : protéger le public.
Pourtant, l’État ne choisit pas toujours de recourir à cette expertise, même lorsque la nature des responsabilités le justifierait.
Avant de chercher ailleurs des solutions aux défis auxquels nous faisons face, assurons-nous de mettre pleinement à contribution les compétences, le jugement et l’expérience des centaines de milliers de professionnelles et professionnels que compte déjà le Québec.
Une invitation à travailler ensemble
Les 46 ordres professionnels sont prêts à poursuivre la modernisation du système. Ils l’ont démontré au cours des dernières années en contribuant aux changements législatifs et réglementaires et en travaillant avec le gouvernement et l’Office des professions du Québec.
À l’occasion de cette campagne électorale, notre message aux formations politiques est donc simple : poursuivons le travail, mais donnons-nous maintenant une vision commune et les moyens d’aller plus loin.
Le Conseil interprofessionnel du Québec est prêt à mettre l’expertise et la force collective des 46 ordres au service de cette démarche.
Parce qu’au-delà des structures, des lois et des règlements, c’est de la qualité et de la sécurité des services offerts à la population dont il est question.
Danielle Boué, t.i.m.(E), ASC
Présidente
Conseil interprofessionnel du Québec

